Festival international des Nomades, 15e édition

Du 22 au 25 mars 2018, la commune de M’Hamid El Ghizlane, située dans la province de Zagora, dans le sud du Maroc, a accueilli la 15e édition du Festival international des Nomades. Accessible à tous, cet événement fédérateur invite musiciens (dont Majid Bekkas) et citoyens du monde à célébrer un mode de vie en voie de disparition, celui des Nomades sahraouis.

On n’arrive pas à M’Hamid El Ghizlane (“la plaine des gazelles” en arabe) par hasard. Pour atteindre cette commune de moins de 8000 habitants, située à quelques encablures de la frontière algérienne, il faut compter 4h de route depuis Ouarzazate. Après avoir traversé les plateaux du djebel Tifemine, emprunté le col de Tizi n’Tinififlt et longé les oasis et autres palmeraies de la vallée du Drâa, le goudron s’arrête là, à la “porte du Sahara”. Devenu le point de départ d’excursions dans le désert, c’est aujourd’hui le tourisme qui fait pour partie vivre ce chapelet d’habitations en pisé balayées par le sable.

La 15e édition du Festival international des Nomades a d’ailleurs réuni, selon ses organisateurs, 20 000 festivaliers sur trois jours, dont  40% de voyageurs étrangers, venus principalement d’Europe. Certains, comme Juliette et Ludo, n’avaient pas prévu d’y participer. Ces trentenaires français coiffés de chèches ont entendu parler du festival sur la route de l’Atlas et, sans même en connaître la programmation, ont décidé de terminer leur séjour dans l’un des campings de M’Hamid. Ludo s’en félicite : “C’est zen ici”. D’autres, comme Anna, Lisboète de 45 ans, sont venus spécialement pour le festival : “je suis fan de la musique touarègue, alors j’ai posé une semaine de vacances et me voilà !”

En cette première soirée de festival, à l’approche de la grande scène installée devant le collège de MHamid, Said, pompier à l’aéroport d’Ouarzazate, est aux anges : “c’est la 1ere fois que le groupe Tamikrest joue au Marocje suis fier qu’il soit On ne parle pas la même langue, mais leur musique me touche, je comprends et respecte leur combat contre les injustices et pour la liberté.”

Le ton est donné dès le premier morceau, l’hypnotique  . Puis, le percussionniste lance un “” (“salut à tous” en berbère) et le public exulte. Malgré le froid, la communion avec ce groupe en partie originaire de Kidal (Mali) restera intacte tout au long du concert. Alors que les femmes et les jeunes filles, enroulées dans leur melhfa (long morceau de tissu porté par les femmes du Sahara), se serrent au fond de l’esplanade ou sur les côtés, les jeunes garçons sont aux premières loges, tenant à bout de bras l’autocollant “I love nomades” qui leur a été distribué. Des cercles d’hommes, souvent vêtus de drâa (longue tunique ornée de broderies) se forment pour danser. L’ambiance est la fête, à la transe.

Après le concert, le chanteurguitariste de , encore étourdi de tous ces selfies, confie : “Je suis d’une communauté nomade, qui voyage sans cesse. Beaucoup de politiciens n’aiment pas ce mode de vie et veulent nous intégrer dans le système sédentaire. C’est la prison pour nous. J’encourage les nomades à garder leur mode de vie et je suis fier de faire partie des artistes programmés dans ce festival qui fait se rencontrer des cultures nomades et se rapprocher ses peuples”.

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